Spotlighting Pan-African Poetry

Biography

Demain tu t’en iras

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Demain tu t’en iras mon frère
Demain tu partiras vers l’inconnu
Tu te hâteras sur les sentiers de l’enfer
Tu te lanceras dans l’obscurité du “vieux continent”

Demain tu partiras mon ami
Voyageur aveugle sur les dunes du Sahara et les pistes ensanglantées du nord
Tu marcheras sur les braises ardentes d’Igbo
Tu nageras sur les rives de “Black Beach”
Tu enjamberas les murailles électriques de Tanger
Tutoyant et narguant la colère des Matadors et des Djandjawids

Demain mon frère, tu t’en iras
Tu t’en iras guetter les flans de l’atlantique et de la méditerranée
Tu t’en iras courir sur les pics de N’djamena et les sur flammes du Darfour
Tu t’en iras heurter ton front et ton âme sur les collines du Fouta Jalon

Oui mon frère, demain tu partiras
Tu traverseras le pont de Tanger sur le gouffre de l’abandon et du rejet
Tu dormiras dans les décharges et les monticules de puanteurs
Tu lutteras contre le froid, la faim, la fin, la peur, le vol, le viol et les matraques
Tu sacrifieras ta tête, ton cœur, ton corps, ton âme et ta famille pour l’inconnu
Tu te courberas en fellation ou en sodomie pour survivre à la terreur de la famine

Demain tu t’en iras mon frère
Comme un papillon doré bravant le désert dépouillé
Tu traverseras rifs, précipices, vallées, rivières, fleuves et océans
Et tu t’en iras honteusement vers les cieux obscurs

Et quand demain tu t’en iras clandestinement comme le brigand du temps
Gentiment, les bras ouvert vers l’orient et l’occident
La mort t’accueillera dans l’oubli éternel
Mon frère, demain tu t’en iras… vers la mort.

Translation
This poem was inspired by the boom of illegal immigrations from Africa to Europe. Since 2008, the poet has fought against this social phenomenon with various methods, including exhibitions of his paintings, conferences, debates, campaigns, and numerous articles/essays/poems. This poem is part of the poetry collection that will be published by a publisher in Morroco.

Hermann Kenfack

Featured Poem:

Dans les tripes de Yaoundé

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YAOUNDE… Yaoundé… Je suis venu à toi
Je suis venu à toi comme un message du Graal
Je suis venu à toi comme le souffle du Jourdain
J’ai couru vers toi pour me serrer contre toi
J’ai volé de mille ailles pour me blottir dans tes bras

Blottir rugir construire mon avenir
J’ai voulu puiser dans ton ventre
L’inépuisable courage de mes pères
Um, Moumié, Ouiandié, Kingué, Afana
Pour te construire et t’élever vers la gloire

Yaoundé, j’ai regardé vers toi !
J’ai longtemps frappé mon regard sur ton cube doré
J’ai longtemps lorgné ton secours sur mes sept collines
Je suis souvent venu pleurer mon mal aux portes d’Etoudi
Je suis toujours allé crier ma peine en face du lycée Leclerc

Pleurer chanter crier ma souffrance et notre misère
J’ai exposé mon regard larmoyant à la télé à la radio
Espérant désespérément toucher ton cœur Yaoundé
Mais…, tu es resté insensible à mon requiem
Tu as chassé giflé tapé battu tordu et pendu tous mes frères et mon cœur

YAOUNDE… Je me suis battu pour toi
J’ai saigné de l’encre rose sur les bancs du lycée
J’ai versé du sang rouge sur les pistes du chômage
J’ai craché du sang noir sous tes matraques et tes lacrymaux
Et je suis quand même resté avec toi Yaoundé.

Tu nous bazardais de temps en temps du poisson et de la viande lors des campagnes
Tu as acheté et braqué la conscience de mes pairs
Et je suis venu te supplier de me libérer… Et je suis venu te supplier de nous libérer
Et je suis venu te supplier de nous donner la vie… de nous rendre nos enfants
Et de nous rendre notre espoir Yaoundé

Et criant de misère de galère de colère
Croulant sous le poids des responsabilités
Rampant sous la menace des rafles et des canons
Mourant à la lisière du désespoir
Tous, un à un, deux à deux, trois à trois…Nous nous sommes levés

Pierre, André, Jean et le Fils de Zébédée
Philippe, Barthélemy, thomas et le Fils d’Alphée
Mathieu, Simon, Thaddée et même Juda
Ils sont tous debout en quête de la liberté. Criant les persécutions,
Ils vont se lever vers les cieux obscurs et apporter la lumière dans notre monde

YAOUNDE… tous mes frères crient et pleurent vers toi !
Tous ces prophètes de la Nouvelle Alliance
Tous ces ouvriers de la Grande Moisson… Tous ces vignerons de la Fructueuse Récolte
Ils sont prêts à mourir sur les plats dorés du Nord
Ils sont prêts à se lever pour combattre pour la paix et la liberté

Et c’est de faute
Oui YAOUNDE
Et toi aussi Yaoundé
Oui Vous tous les deux, YAOUNDE et Yaoundé
C’est de votre faute

Yaoundé, tu as ordonné la mise à mort de tes enfants
Tu as poussé la prophétie dans le caca et les égouts
Tu as arrêté battu lacéré et crucifié l’Espoir
Faisant de la septième colline un ténébreux Golgotha
Et tu as décidé de traqué persécuté tous les prophètes et les poètes

Oui YAOUNDE, c’est dans tes tripes que tu m’as trahi
Tu as caché comme un lâche ton cri de désespoir
Et tu as fermé les yeux sur mon ventre vide et ma tête pleine
Oui, YAOUNDÉ tu as été le brave Juda de mes pairs
Oui Yaoundé, tu es le Ponce Pilate de YAOUNDÉ

Mais … Aujourd’hui, c’est fini !
Fini les verts !
Fini les rouges !
Fini les jaunes !
Désormais, les vert-rouge-jaunes sont debout dans le monde entier !

YAOUNDE, tu ne botteras plus le cul de mon Espérance
Tu ne chasseras plus mes frères vers les cieux obscurs
Tu ne violeras plus ma pensée sur les cimes de l’exaltation
Tu seras, ô oui Yaoundé, l’esclave de ma cité. Tu paieras pour tous tes crimes
Ouvrier forçard creusant bêchant pour réparer tes fautes Yaoundé

L’heure du grand jugement a sonnée
La foudre de l’Apocalypse gronde et arrive
Repens-toi Yaoundé, craches le mal de tes tripes
Façonne et dessine le bien, les salaires et la vie
Avant que je ne te fabrique un somptueux cercueil vitré

C’est fini la java meurtrière des démagogues de Yaoundé…
C’est fini ! Car je vais de ce pas appelé les frères enfuis
Je vais aller sur les sentiers de l’enfer
Je vais aller partout : Paris, Rome, Marrakech, Madrid, New York, Ottawa, Londres…
Et je vais ouvrir les portes qui mènent au CAMEROUN

Car désormais Yaoundé, le grand retour vers la terre promise est enclenché
Désormais Yaoundé, le cri de ma lance hybride se dresse vers toi
Désormais Yaoundé, mon cri s’élève pour rechercher la paix dans mon monde
Désormais Yaoundé, la vie aussi appartiendra à ses femmes, à ses enfants
Que tu as massacré durant des années…

Désormais Yaoundé, l’heure du grand holocauste à sonné
Désormais Yaoundé, mon cri s’élève vers toi et appelle toux ceux des âmes qui ont peur
Appelle tous ceux qui se cachent encore au cachot de la peur de se lever
Et de parler contre toi… Et d’appeler la loi contre toi… Et de se lever…
De lever le poing vers le Ciel… car désormais Yaoundé : Ton heure à sonné !

Translation
In this poem, the poet speaks directly to his home city Yaoundé. He speaks to it with anger, love, regret, longing and melancholy. The poem is an intimate message to a city that once symbolised hope and happiness to him and his fellow countrymen. But now Youndé is a shadow of its former self, it has become a place of little love, hope, pride and values.

The contrast between the melancholic love and longing and the anger and despair of the poet towards Yaoundé is very vivid and real in this poem. He says, “I flew with thousand wings, to be cradled in your arms, find in your bosom, the inexhaustible courage of my forefathers” but also laments, “you have bought and sold off the conscious of my forefathers. I come to beg you to free me, to free my people.”

Hermann Kenfack 222

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Biography

Hermann Kenfact was born and bred in Yaoundé Cameroon. Hermann is a poet, a writer and playwright. In 2008, he was the recipient of the best creator African by the APPIA (Association for the Protection and the Intellectual Property in Africa), he also received the 1st price for the African literature CREAYOUTH by l’OMPI (Organization mondial for the property intellectual).

Hermann Kenfack

Hermann Kenfack 222
Hermann Kenfack 222

Biography

Hermann Kenfact was born and bred in Yaoundé Cameroon. Hermann is a poet, a writer and playwright. In 2008, he was the recipient of the best creator African by the APPIA (Association for the Protection and the Intellectual Property in Africa), he also received the 1st price for the African literature CREAYOUTH by l’OMPI (Organization mondial for the property intellectual).

Demain tu t’en iras

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Demain tu t’en iras mon frère
Demain tu partiras vers l’inconnu
Tu te hâteras sur les sentiers de l’enfer
Tu te lanceras dans l’obscurité du “vieux continent”

Demain tu partiras mon ami
Voyageur aveugle sur les dunes du Sahara et les pistes ensanglantées du nord
Tu marcheras sur les braises ardentes d’Igbo
Tu nageras sur les rives de “Black Beach”
Tu enjamberas les murailles électriques de Tanger
Tutoyant et narguant la colère des Matadors et des Djandjawids

Demain mon frère, tu t’en iras
Tu t’en iras guetter les flans de l’atlantique et de la méditerranée
Tu t’en iras courir sur les pics de N’djamena et les sur flammes du Darfour
Tu t’en iras heurter ton front et ton âme sur les collines du Fouta Jalon

Oui mon frère, demain tu partiras
Tu traverseras le pont de Tanger sur le gouffre de l’abandon et du rejet
Tu dormiras dans les décharges et les monticules de puanteurs
Tu lutteras contre le froid, la faim, la fin, la peur, le vol, le viol et les matraques
Tu sacrifieras ta tête, ton cœur, ton corps, ton âme et ta famille pour l’inconnu
Tu te courberas en fellation ou en sodomie pour survivre à la terreur de la famine

Demain tu t’en iras mon frère
Comme un papillon doré bravant le désert dépouillé
Tu traverseras rifs, précipices, vallées, rivières, fleuves et océans
Et tu t’en iras honteusement vers les cieux obscurs

Et quand demain tu t’en iras clandestinement comme le brigand du temps
Gentiment, les bras ouvert vers l’orient et l’occident
La mort t’accueillera dans l’oubli éternel
Mon frère, demain tu t’en iras… vers la mort.

Translation
This poem was inspired by the boom of illegal immigrations from Africa to Europe. Since 2008, the poet has fought against this social phenomenon with various methods, including exhibitions of his paintings, conferences, debates, campaigns, and numerous articles/essays/poems. This poem is part of the poetry collection that will be published by a publisher in Morroco.

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Dans les tripes de Yaoundé

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YAOUNDE… Yaoundé… Je suis venu à toi
Je suis venu à toi comme un message du Graal
Je suis venu à toi comme le souffle du Jourdain
J’ai couru vers toi pour me serrer contre toi
J’ai volé de mille ailles pour me blottir dans tes bras

Blottir rugir construire mon avenir
J’ai voulu puiser dans ton ventre
L’inépuisable courage de mes pères
Um, Moumié, Ouiandié, Kingué, Afana
Pour te construire et t’élever vers la gloire

Yaoundé, j’ai regardé vers toi !
J’ai longtemps frappé mon regard sur ton cube doré
J’ai longtemps lorgné ton secours sur mes sept collines
Je suis souvent venu pleurer mon mal aux portes d’Etoudi
Je suis toujours allé crier ma peine en face du lycée Leclerc

Pleurer chanter crier ma souffrance et notre misère
J’ai exposé mon regard larmoyant à la télé à la radio
Espérant désespérément toucher ton cœur Yaoundé
Mais…, tu es resté insensible à mon requiem
Tu as chassé giflé tapé battu tordu et pendu tous mes frères et mon cœur

YAOUNDE… Je me suis battu pour toi
J’ai saigné de l’encre rose sur les bancs du lycée
J’ai versé du sang rouge sur les pistes du chômage
J’ai craché du sang noir sous tes matraques et tes lacrymaux
Et je suis quand même resté avec toi Yaoundé.

Tu nous bazardais de temps en temps du poisson et de la viande lors des campagnes
Tu as acheté et braqué la conscience de mes pairs
Et je suis venu te supplier de me libérer… Et je suis venu te supplier de nous libérer
Et je suis venu te supplier de nous donner la vie… de nous rendre nos enfants
Et de nous rendre notre espoir Yaoundé

Et criant de misère de galère de colère
Croulant sous le poids des responsabilités
Rampant sous la menace des rafles et des canons
Mourant à la lisière du désespoir
Tous, un à un, deux à deux, trois à trois…Nous nous sommes levés

Pierre, André, Jean et le Fils de Zébédée
Philippe, Barthélemy, thomas et le Fils d’Alphée
Mathieu, Simon, Thaddée et même Juda
Ils sont tous debout en quête de la liberté. Criant les persécutions,
Ils vont se lever vers les cieux obscurs et apporter la lumière dans notre monde

YAOUNDE… tous mes frères crient et pleurent vers toi !
Tous ces prophètes de la Nouvelle Alliance
Tous ces ouvriers de la Grande Moisson… Tous ces vignerons de la Fructueuse Récolte
Ils sont prêts à mourir sur les plats dorés du Nord
Ils sont prêts à se lever pour combattre pour la paix et la liberté

Et c’est de faute
Oui YAOUNDE
Et toi aussi Yaoundé
Oui Vous tous les deux, YAOUNDE et Yaoundé
C’est de votre faute

Yaoundé, tu as ordonné la mise à mort de tes enfants
Tu as poussé la prophétie dans le caca et les égouts
Tu as arrêté battu lacéré et crucifié l’Espoir
Faisant de la septième colline un ténébreux Golgotha
Et tu as décidé de traqué persécuté tous les prophètes et les poètes

Oui YAOUNDE, c’est dans tes tripes que tu m’as trahi
Tu as caché comme un lâche ton cri de désespoir
Et tu as fermé les yeux sur mon ventre vide et ma tête pleine
Oui, YAOUNDÉ tu as été le brave Juda de mes pairs
Oui Yaoundé, tu es le Ponce Pilate de YAOUNDÉ

Mais … Aujourd’hui, c’est fini !
Fini les verts !
Fini les rouges !
Fini les jaunes !
Désormais, les vert-rouge-jaunes sont debout dans le monde entier !

YAOUNDE, tu ne botteras plus le cul de mon Espérance
Tu ne chasseras plus mes frères vers les cieux obscurs
Tu ne violeras plus ma pensée sur les cimes de l’exaltation
Tu seras, ô oui Yaoundé, l’esclave de ma cité. Tu paieras pour tous tes crimes
Ouvrier forçard creusant bêchant pour réparer tes fautes Yaoundé

L’heure du grand jugement a sonnée
La foudre de l’Apocalypse gronde et arrive
Repens-toi Yaoundé, craches le mal de tes tripes
Façonne et dessine le bien, les salaires et la vie
Avant que je ne te fabrique un somptueux cercueil vitré

C’est fini la java meurtrière des démagogues de Yaoundé…
C’est fini ! Car je vais de ce pas appelé les frères enfuis
Je vais aller sur les sentiers de l’enfer
Je vais aller partout : Paris, Rome, Marrakech, Madrid, New York, Ottawa, Londres…
Et je vais ouvrir les portes qui mènent au CAMEROUN

Car désormais Yaoundé, le grand retour vers la terre promise est enclenché
Désormais Yaoundé, le cri de ma lance hybride se dresse vers toi
Désormais Yaoundé, mon cri s’élève pour rechercher la paix dans mon monde
Désormais Yaoundé, la vie aussi appartiendra à ses femmes, à ses enfants
Que tu as massacré durant des années…

Désormais Yaoundé, l’heure du grand holocauste à sonné
Désormais Yaoundé, mon cri s’élève vers toi et appelle toux ceux des âmes qui ont peur
Appelle tous ceux qui se cachent encore au cachot de la peur de se lever
Et de parler contre toi… Et d’appeler la loi contre toi… Et de se lever…
De lever le poing vers le Ciel… car désormais Yaoundé : Ton heure à sonné !

Translation
In this poem, the poet speaks directly to his home city Yaoundé. He speaks to it with anger, love, regret, longing and melancholy. The poem is an intimate message to a city that once symbolised hope and happiness to him and his fellow countrymen. But now Youndé is a shadow of its former self, it has become a place of little love, hope, pride and values.

The contrast between the melancholic love and longing and the anger and despair of the poet towards Yaoundé is very vivid and real in this poem. He says, “I flew with thousand wings, to be cradled in your arms, find in your bosom, the inexhaustible courage of my forefathers” but also laments, “you have bought and sold off the conscious of my forefathers. I come to beg you to free me, to free my people.”

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Demain tu partiras vers l’inconnu
Tu te hâteras sur les sentiers de l’enfer
Tu te lanceras dans l’obscurité du “vieux continent”

Demain tu partiras mon ami
Voyageur aveugle sur les dunes du Sahara et les pistes ensanglantées du nord
Tu marcheras sur les braises ardentes d’Igbo
Tu nageras sur les rives de “Black Beach”
Tu enjamberas les murailles électriques de Tanger
Tutoyant et narguant la colère des Matadors et des Djandjawids

Demain mon frère, tu t’en iras
Tu t’en iras guetter les flans de l’atlantique et de la méditerranée
Tu t’en iras courir sur les pics de N’djamena et les sur flammes du Darfour
Tu t’en iras heurter ton front et ton âme sur les collines du Fouta Jalon

Oui mon frère, demain tu partiras
Tu traverseras le pont de Tanger sur le gouffre de l’abandon et du rejet
Tu dormiras dans les décharges et les monticules de puanteurs
Tu lutteras contre le froid, la faim, la fin, la peur, le vol, le viol et les matraques
Tu sacrifieras ta tête, ton cœur, ton corps, ton âme et ta famille pour l’inconnu
Tu te courberas en fellation ou en sodomie pour survivre à la terreur de la famine

Demain tu t’en iras mon frère
Comme un papillon doré bravant le désert dépouillé
Tu traverseras rifs, précipices, vallées, rivières, fleuves et océans
Et tu t’en iras honteusement vers les cieux obscurs

Et quand demain tu t’en iras clandestinement comme le brigand du temps
Gentiment, les bras ouvert vers l’orient et l’occident
La mort t’accueillera dans l’oubli éternel
Mon frère, demain tu t’en iras… vers la mort.

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This poem was inspired by the boom of illegal immigrations from Africa to Europe. Since 2008, the poet has fought against this social phenomenon with various methods, including exhibitions of his paintings, conferences, debates, campaigns, and numerous articles/essays/poems. This poem is part of the poetry collection that will be published by a publisher in Morroco.

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